Réflexion disco-historique en vue de mieux préparer la sortie de notre prochain album « EUREKA ».
Par Prof Franck Mambi (Paris, France)

La musique congolaise a globalement connu trois périodes fortes :

  • Période 1, jusqu’aux années 70, notre musique était essentiellement auditive. Sur un support de quatre minutes, la part des paroles représentait trois minutes et le boucher une minute. C’était l’époque avec face A (M.T. la vérité) et face B (Vie ya mosolo).

  • Ensuite, la musique est devenue kinesthésique avec effet ciseaux, c’est-à-dire la part des paroles reste quasi-stable mais la part du bouger passe de une à quatre minutes. C’est l’époque face A (Ngadiadia 1) et face B (Ngandiadia 2) ou encore face A (Zaïko wawawa 1) et face B (Zaïko wawawa 2). Autrement dit, la danse est désormais partie intégrante de la musique. Il ne s’agit plus, en effet, de sous-traiter la danse par des danseuses. Petit rappel pour illustrer mon propos. En prévision d'une tournée aux USA, le grand Maître Franco fait appel à Berba, Wello et Damas (spécialistes du boucher) pour encadrer les francorettes (la tournée fut avortée). Quasiment au même moment, Rochereau décroche le contrat de l'Olympia. Il débauche le danseur Pascal chez Franco et monte, avec lui et un deuxième danseur Gaston, les rocherettes.

    Ici, le chanteur doit, cela va de soi, savoir chanter mais également danser. Le rythme devient dès lors saccadé. Zaiko et Stukas incarneront bien cette période grâce entre autres aux talents de deux guitaristes doués et rivaux (Manuaku chez nous et Samunga du groupe stukas). Là aussi un petit rappel, deux titres domineront l’année 70 : la « Tout neige » du Laboureur et Soucis de Gaby Lita. Rendons aussi hommage aux autres guitaristes de deux groupes (Enoch, Teddy et oncle Bapuis chez nous ; Timambi accompagnateur et Samara bassiste chez Lita Bembo).

    Le point culminant de cette période Kinesthésique est sans doute le phénomène Atalaku initié par ya Jossart.

  • Depuis le début des années 90, nous connaissons une troisième période, celle de la musique visuelle. Quelques éléments pour étayer ma pensée. En 1994, l’album « Avis de recherche » connaît un grand succès. Pourquoi ? Tout simplement parce que notre Laboureur avait eu la bonne intuition de faire une sortie-jumelée Audio&Vidéo. En 1998, l’album « Nous y sommes », encore un succès. C’est également la même stratégie, c-à-d sortie-jumelée Audio&Vidéo. En revanche, « Sans issue », « Backline » et « Poison » qui n’ont pas été accompagnés par des supports vidéo (ou le support vidéo est venu trop tard, le cas de « Poison ») connaîtront des succès limités.

    Aujourd’hui, le succès d’un album passe obligatoirement par le support vidéo. Même la musique dite ya Nzambe emprunte cette voie. Mes propres enfants regardent assez régulièrement la vidéo Makoma, je suis persuadé que ce n’est pas en raison des messages bibliques qu’elle est censée véhiculer pour gagner des âmes (si tant est que ce message existe réellement), mais en raison de sa chorégraphie dansante. Le dernier album de celui qui nous garde une haine diabolique a été très très très critiqué, à juste titre d’ailleurs. Mais, la vidéo sortie dans la foulée a atténué toutes ses critiques et à relancer les ventes.

    Il est donc impératif que la vidéo feeling soit sur le marché avant la fin de ce mois de juillet (même avant la mi-juillet). En Europe et particulièrement en France le maxi-single commence à se souffler. Il a besoin d’un second souffle pour s’affirmer définitivement.

Notre devoir est d’aider le Président Jossart pour que EUREKA connaisse une sortie-jumelée. Pour paraphraser notre ex je dirais que « le Président n’est pas un magicien, seul il ne peut rien mais avec l’appui de tous il peut tout ». J’ai consulté un mathématicien Russe, il m’a transmis cette équation pour le succès d’un album. Répondez-moi si vous obtenez la réponse

a q i musique auditive (TSHIBAWU) + G Daniel ij Aij [feeling - ] + (Moti pole pole+ G ij k it ) e BIJANA+PAPY COCAINE II (i.3) + = [1+ ATTAQUE LASERi, t-1 k i,t-1nono monzoluku ]

Pour revenir sérieux, le triptyque du succès = Musique auditive (l’histoire poignante de cette pauvre femme demandant à payer à sa belle-famille l’amende ancestrale afin de regagner le cœur de son mari dans Tshibawu et la chorale de notre attaque Laser, encadrée par les anciens Adamo et Lansa, dans moti pole pole remplissent largement cette première condition) + Musique Kinesthésique (nos instrumentistes encadrés par le chef Jimmy et ya Gégé Mangaya ont fait du bon boulot. Que dire alors de nos quatre animateurs ?) + Musique Visuelle (le Tshaku libondas de Zaiko c’est le Tshaku libondas de Zaiko, ce n’est point le Tshaku galvaudé de tout le monde).

Indéniablement, le public a apprécié feeling, même la presse congolaise souvent exagérément critique à notre égard a commenté positivement le travail réalisé. Le public demande maintenant à danser feeling.

Mon cher, ma chère Zaiko ezali «  ngai, yo, ye ». Tu as vu Zaiko naître, Ma Elika était presque ta résidence secondaire, alors ta place est donc ici parmi nous. De plus, ta discothèque personnelle comporte quasiment toutes les chansons de Zaiko de la Tout neige au feeling. Nous sommes à l’heure de la reconquête, nous avons besoin de tout le monde toi compris.

Veuiller nous envoyer vos réactions à l'adresse Ben.Bwakanda@ZaikoLangaLanga.com s'il vous plaît



Click: NEWS