28 Juin 2003 : Zaiko éblouissant au Festival Couleur Café

Ainsi que nous le pressentions, Zaïko a mis le feu au festival Couleur Café. Du monde, il y en avait. Pour vous donner une idée, le vendredi 27 à midi, il n'y avait plus un seul billet en prévente à Bruxelles. Lorsqu'on sait que lors de l'édition 2002 de ce festival, on avait du refuser du monde, on peut s'imaginer la panique qui s'est saisi de certains inconditionnels qui attendaient le dernier moment pour acheter leur place.

Le Spectacle - Annoncé après le feu d'artifice, quel effet kaléidoscopique!, Zaïko a mis ses habits de lumière pour éclairer Bruxelles et ses environs. En effet, dès l'exécution de l'intro instrumentale, les spectateurs ont commencé à entrer en transe. Ils ne savaient pas ce qui les attendaient.

Les Danseuses - Car juste après, les danseuses sont entrées en piste. Mon Dieu, de blanc vêtues, quelle élégance, quelle grâce dans l'exécution des mouvements. Elles jouent avec leur corps comme un sculpteur imprime une forme à la matière. A ce moment, le public ne se tient plus. Les blancs s'essaient à qui mieux à les imiter. Il y a en même un qui un peu gené de ne pas y parvenir me souffle à l'oreille d'un air désolé : "il y a rien à faire, vous les africains, vous avez le rythme dans le sang". Puis vint le tour des chanteurs de rejoindre les danseuses, alors là c'est le délire. Bien en jambes, ils éxecutent un numéro chorégraphique de haut vol. Les applaudissements fusent dans le public. Et Montigia d'en mettre une couche. C'est dans nos tripes que vibrent ces sons envoutants! Comment rester insensibles?

N'Yoka Longo - Puis, Ya Jossart, également vêtu de blanc, casquette blanche vissée sur la tête, monta sur scène pour exécuter Tshibawu. De go, il montra qu'il fallait toujours compter sur lui! Ah tata, ma collègue à qui j'avais dit que Ya Jossart aura cinquante ans en septembre prochain, n'en croit pas ses yeux. Quelle souplesse, le talent intact. Avec un sourire narquois, il semblait défier son âge. On ne pouvait qu'être en admiration devant tant de générosité dans l'exécution des pas de danse. Ses coups de rein légendaires nous font remonter vingt ans en arrière. Guy te souviens-tu encore des e kilié kilié? Le clou de la soirée fut sans conteste l'interprétation de SOS Maya. Imaginez-vous trente mille personnes le bras gauche ou droit en l'air et le balaçant de gauche à droite. C'est que depuis le Zénith, Ya Jossart a acquis une dimension que nous ne lui connaissions pas, il communie et communique avec son public! Ceci pour notre plus grand bonheur.

Attaque Chant - Arrêtons nous un moment sur la prestation de l'attaque-chant. La chorégraphie a été impécable. La greffe ancien-nouveau a vraiment pris. Il fallait les voir sur scène. Gonflés à bloc par la qualité du matériel, ils n'ont pas eu du mal à conquérir le public O combien exigeant composé dans sa grande majorité de Européens. On a beaucoup apprécié la justesse du ton et la pureté des voix. Ceci dit nous ne leur repéterons jamais assez que rien ne s'acquiert facilement, l'intensité des répétitions de ces derniers jours a payé. C'était aussi attendrissant de voir Bidjana s'adresser au public. A sa suite, celui-ci n'hésitait pas à scander à tue-tête zaïko, zaïko, zaïko. Les danseuses quant à elles, j'en suis sûr qu'elles ont fait fantasmé pas mal de mindélé. Surtout que la nuit a été humide. C'est comme si elles ne sont de la même matière que le commun des mortels. Chapeau bas les filles!

Instrumentistes - La maestria de nos intrusmentistes n'est plus à démontrer, quel savoir-faire, le son impécable.

La FIN - Nous n'avons pas vu l'heure passer alors qu'on avait déjà joué Sentiment Awa, Muvaro, Pa Oki, Ngolu et Eza ngai. Lorsque le présentateur de la soirée vint annoncer la fin du spectacle, on frola l'émeute. Personne ne voulut partir. Le public continuait à réclamer Zaïko. Et comme la vox populi ..., Zaïko revint sur scène. Il nous gratifia de Paiement Cash, ce fut la cerise sur le gâteau.Son exécution dura quinze minutes, vous vous imaginez bien que Tshanda et ses compères nous passèrent plusieurs sebene en revue. Les danseuses se joignirent aux chanteurs, mais quel spectacle! Et de mémoire de festivalier, on a jamais vu ça, l'organisateur de Couleur Café annonça dans son mot d'au revoir que Zaïko reviendra à Couleur Café en 2004. En fait, ebloui par ce qu'il vivait il avait profité d'un intermède pour proposer à Ya Jossart de revenir à la prochaine édition, ce qui bien entendu fut accepté.

Je ne pus retenir quelques larmes de joie, c'est en février 2002 que j'ai, pour la première fois, abordé Patrick Wallens pour lui proposer la participation de Zaïko à Couleur Café. Les amis de GZB savent que nous étions à deux doigts de conclure mais les aléas de la vie font que cela n'a pas pu aboutir. Et cette fois-ci fut la bonne.

TV5 - Enfin, pour ceux qui veulent en savoir plus, un petit tour sur le site de TV5 les édifiera. Et oui, la prestation cinq étoiles de Zaïko à Couleur Café y est signalée avec séquences filmées à l'appui.

Merci Ya Jossart, merci à tous les musiciens de Zaïko. Continuez sur cette lancée.
Elengi ya Zaïko suka te; C'est ainsi que Zaïko est grand.

Leon de Saint Pierre, GénérationS Zaiko Belgique