BA SANGO YA SAMEDI WANA, ELENGI YA ZAIKO SUKA TE
Voilà près de huit mois que nous attendions cela ! Même la météo ingrate de ces derniers jours s’est mise au diapason de l’évènement. A la place de la forte pluie annoncée, il n’ y eut que quelques ondées pour, n’est ce pas, purifier notre patrimoine national. Ne dit-on pas, mariage pluvieux, mariage heureux ?
Pour qui connaît la Salle du Théâtre Saint Michel, le défi qui attendait Zaïko était de taille. En effet, il n’y a pas de piste de danse. C’est une salle de spectacle avec deux balcons plutôt idéale pour des shows ou pour les concerts de musique classique.
En entrant dans la salle, je me suis remémoré les paroles de Doudou la veille, à la répétition. Alors que nous devisions au bar, il me glissa qu’il est des jours où il fait bon d’être musicien ! C’est dire l’état d’esprit qui animait le groupe. Ce concert ils le voulaient comme un cadeau non seulement au public pour leur magnifique soutien mais aussi et surtout à Ya Jossart.
Après l’exécution instrumentale de quelques airs, Adamo et Mondial montèrent sur scène pour chanter Moselebende suivi de Kamanzi. Les lasers investirent ensuite le podium pour quelques morceaux d’Eureka. La salle fut alors suffisamment chauffée pour que notre Ya Jossart national monte sur son jardin qui lui a tant manqué. Prenant tout le monde de court, c’est depuis les coulisses en chantant, a capella, Délestage qu’il s’annonça. Applaudissements dans la salle. Derrière moi un inconditionnel lance, les choses sérieuses commencent.
C’est un Nyoka Longo en forme olympique qui est là devant nous. Il remercie le public et lui répète son credo, tant que le Seigneur lui donnera de la force, Zaïko vivra. Puis en maître de cérémonie, il chante et danse comme si son âge n’avait pas prise sur lui. Nous sommes ramenés des années en arrière. C’est avec brio que les pas de zekete-zekete sont exécutés. Et le public de suivre. C’est simplement incroyable. Les travers de la salle sont pris pour piste de danse. Certains ne se gênent pas de danser devant leurs sièges, masquant ainsi la vue à ceux qui restaient assis. C’est ça la magie de Zaïko. On ne s’endort pas, on ne s’ennuie pas. Les mordus d’informatique diraient que Zaïko donne des concerts interactifs. On eut droit donc à Muvaro, Amando, Chérie Nzemo etc.
L’interprétation de « Jusqu’où ? » nous a mis l’eau à la bouche sur ce que sera le maxi single Empreinte. Du musicalement correct. Encore une fois, Zaïko innove. La version acoustique est jouée avec du violon. Par moment, on se serait cru dans une exhibition de Vivaldi. Marier la musique congolaise avec la musique classique est un fossé que vient de franchir allégrement Zaïko.
Bon joueur Ya Jossart invita Willy Bula à jouer une chanson. Il en fut de même de Malage qui vint nous faire revivre certains souvenirs avec kwiti-kwiti. Volovolo aussi a été de la partie tantôt au solo et des fois à la basse.
Le plaisir fut total lorsque Papy Cocson avec la complicité des lasers entraînèrent Nyoka Longo dans un air a capella dans lequel sont cités des noms, c’est ce qu’ils appellent Bonus. En fait, Papy cite un nom et les autres de reprendre en choeur. Ce fut beau à voir comment ils s’amusaient sur scène
Par moment cependant, ce bel enthousiasme des musiciens fut émoussé par les caprices de la sono. Qu’à cela ne tienne le talent des musiciens compensa ces désagéments.
A six heures du matin, les organisateurs furent signe à l’orchestre d’arrêter mais le public refusa de partir. On eut droit alors à des sebene non pas endiablés mais divins. Merci et bravo les gars !
Dommage que Tshanda et Montingia n’aient pas fait preuve d’esprit de corps. Et oui, chers amis, ces deux-là ont brillé par leur absence qui comme il fallait s’y attendre, ne s’est fait pas sentir. A en croire certaines indiscrétions, ils ont préféré aller se produire au Luxembourg avec, tenez-vous bien : Boketshu 1er . Et dire que Montingia avait assisté à la répétition du jeudi 8. Quelle trahison ! Tshanda quant à lui, après s’être absenté des deux premières répétitions, a boudé quant le président lui a enjoint, via un message sur son répondeur, de rendre la guitare du groupe qu’il détenait s’il ne voulait pas venir répéter. Il n’eût même pas l’élégance de la rapporter lui-même. Lâche va ! José et Lassa n’étaient pas non plus.
Outre le savoir-faire des instrumentistes et le panache des chanteurs, nous avions noté l’assurance et la maîtrise de chant des lasers.
Voilà, vous nous excuserez de vous avoir fait languir pour ce reportage condensé. Comprenez que les émotions étaient tellement fortes qu’il nous fallait du temps pour nous en remettre. Ceux qui auront le bonheur d’assister au concert de Paris le 25 juillet, ne nous contredirons certainement pas.
Leon de Saint Pierre et Lwams, GénérationS Zaiko Belgique.